AUX
PORTES DU MATIN
(Richard
Séguin)
Pour me sortir du chemin
Qui me conduit dans la poussière
Qui me retient et me fait
taire
Le long des saisons sans
lumière
Pour me sortir des sommeils
Qui vont mentir jusqu'à
offrir
Des paradis qui n'étaient
rien
Que terres brûlées
sans lendemains
Pour pardonner tous ces remords
Qui n'ont jamais crié
colère
Même sur les toits
d'outre-mer
Ivre mort à guetter
l'aurore
Je frappe aux portes du matin
Plus rien dans les mains
Je frappe aux portes du
matin
Pieds nus dans la rosée
Et plus rien à perdre
Pour me sortir de remous
Qui nous entraîne
coup sur coup
Sur des vitrines qui s'moquent
de nous
Pendant qu'l'ennui sourit
derrière
Pour sortir de la honte
Un frisson froid quand j'les
revois
Lancer les cailloux du mépris
Blesser la vie vaste et
profonde
Je frappe aux portes du matin
Plus rien dans les mains
Je frappe aux portes du
matin
Pieds nus dans la rosée
Et plus rien à perdre. |
LES
BOUTS DE PAPIER
(Richard
Séguin)
Y parle
tout seul, ou à tout le monde
Y
parle du temps qu'il fera demain
Lâché
l'école, sans trop savoir
Vingt
ans plus tard, y cherche encore
Y cherche
les mots et la manière
Quand
y'est nerveux, y'ose pas rien faire
Y'en
veut aux heures qui l'ont laissé
Errer
sur les routes immobiles
Les
bouts d'papier qui traînent dans rue
Sont
comme des livres qu'il n'a jamais lus
Quand
tu sais juste écrire ton nom
Un
nom perdu parmi tant d'autres
Presque
inconnu
En
première page lire les images
Tourne
la radio, cherche un écho
Une
ligne ouverte pour s'écouter
Parler
d'la vie avec fierté
Un
bière de trop quand ca déborde
Quand
la mémoire te laisse sur l'trottoir
Un
grand coup de vent pour balayer
Tous
ces gens qui l'ont humilié
Reprend
la route
Pour
gagner sa vie
Un
crucifix devant l'paradis
Y'écrit
son roman sur les lignes blanches
Comme
à chaque fois, tout disparaît
Et
son secret devient pesant
Quand
il l'supporte tout seul en dedans
La
lumière change
Awaye
avance. |
DOUBLE
VIE
(Richard
Séguin)
Même si c'était
pour déjouer la route
Même si c'était
pour faire un détour
Dans un bar où le
bruit s'amuse à couvrir
Les mêmes habitudes
Les mêmes solitudes
Même si j'caresse
le ventre brûlant
Des amours incomplètes
Des jeux de conquérants
Même si j'oublie qu'il
pleuvait sur la ville
Et que partir c'est pas
guérir
Y'a des années
Parfois même des journées
Qui finissent par te trahir
Y'a des années
Parfois même des journées
Qui finissent par te trahir
Double vie
A s'exiler, à se
soûler
A s'rattraper, à
s'accrocher
A marcher, à s'aveugler
A s'inculper, à s'envelopper
Double vie
A marcher, à s'enfarger
A s'inculper, à s'accrocher
A s'abriter, à s'envelopper
A s'aveugler, à s'rattraper
Même si c'était
pour déjouer le doute
Même si c'était
pour faire un détour
Dans un bar où les
rires s'écrasent
En fin de soirée
Entre la paye et le creux
Le sommeil et les noeuds
Même si j'oublie les
histoires, les accroires
Qu'on peut s'inventer quand
on parle
Seul dans un miroir
Même si j'oublie les
graffitis de fauves
Et les idées mauves
sur le mur jauni
Y'a des années
Parfois même des journées
Qui finissent par te trahir
Y'a des années
Parfois même des journées
Qui finissent par te trahir. |
TU
REVIENS DE LOIN
(Richard
Séguin)
Tu reviens, tu reviens de
loin
Je l'ai vu dans tes yeux
Tu reviens, plus rien dans
tes mains
Mais tu reviens
Tu reviens le coeur plein
Ton air de Columbo
Au fond du bistrot
Cherche encore un credo
A la fin du tango
Tu rejoins, tu rejoins au
loin
Tous les anges égarés
Ni gagnant, ni perdant
La page est tournée
Tous les jeux d'apparences
Tu les regardes en silence
Tu souris aussitôt
Et tu retournes au piano
Y'a des éclats de
rire
Ton passé qui chavire
Et tu défends ton
cri
Ta vision et ta vie
Tu deviens, tu deviens
Comme un étranger
A la croisée des
chemins
Qui sait d'où tu
viens
J'ai cherché le pourquoi
Et je n'ai vu derrière
toi
Que la poussière
du temps
Emportée par le vent
Y'a des éclats de
rire
Ton passé qui chavire
Et tu défends ton
cri
Ta vision et ta vie
Tu défends ton cri
Ta vision et ta vie
Tu défends ton cri
Ta vision et ta vie. |